À Greenfield Park, le 1er septembre 2018, à l'âge de 90 ans, est décédé Joseph Saddik , époux de feu Liliane (Lily) Saddik.
Il laisse dans le deuil ses enfants Pierre (Tanya), Noël (Marie-Lyne) et Marc (Joanie), ses petits-enfants Samir, Saynat, Jean-Philippe, Audrey et Hugo.
Bien qu'il eût une jeunesse heureuse et une situation des plus enviables en Égypte avec un emploi de traducteur français-anglais-arabe aux ambassades de Belgique et de Suisse au Caire, c'est en juin 1964 que Joseph Saddik arrive à Montréal avec sa femme et ses trois enfants. L'émigration planifiée de la famille eut lieu un an après le conseil donné par un de ses proches amis de quitter l'Égypte car la situation politique du moment rendait l'avenir des Chrétiens francophones du pays extrêmement précaire. Il aura toujours dit que le fait d'être venu au Canada a été sa meilleure décision.
Au Canada, il enchaîna les petits boulots avant de finalement trouver un emploi de traducteur au Gouvernement fédéral. Il y resta jusqu'à la retraite.
Joseph a toujours été en admiration bouche bée devant toutes les incroyables réalisations de sa femme Lily qu'il aimait tant : achat de la maison et des immeubles, le Bistro d'Autrefois, les artistes... et beaucoup plus. Uni pendant 62 ans avec elle, il a choisi en quelque sorte son moment pour la retrouver en ce 1er septembre, date de leur anniversaire de mariage.
Plusieurs se souviendront de lui comme un homme très cultivé, féru de littérature et avide de savoir. Le « Tarbouche », roman écrit par Robert Solé, est un livre qu'il aimait particulièrement lire et relire car il décrit de manière admirable la vie et la situation des Chrétiens d'Égypte pendant sa jeunesse. Il avait une connaissance incroyable de l'histoire du monde et une mémoire phénoménale. Il était également amusant, jonglant habilement entre l'esprit et l'humour. Pour ses enfants, il fut un père rigoureux et exigeant mais bon, attentionné, honnête et juste.
Poète à ses heures, il écrivit un poème à Liliane le lendemain de leur rencontre, en 1953. Le voici : (infos sur les funérailles au bas, après le poème)
Je dis bonjour à ma nouvelle amie
Celle qui doucement est entrée dans ma vie,
Apportant avec elle en guise de présent,
De la jeune fille le charme si prenant
Qui donne à l'existence une couleur vermeille
Et la remplit d'azur, de bruissement d'abeille,
De gazouillis d'oiseaux, de joie et de douceur,
D'élans insoupçonnés, de jeunesse et de fleurs.
Elle m'a demandé, tiens la chose est nouvelle,
De lui dire en deux mots ce que je pense d'elle.
Ô dieux de l'Olympe, ne m'abandonnez pas
Tandis que je m'aventure en de tels débats.
Tout d'abord, et sur le plan physique,
On est vite frappé par cet air sympathique,
Avenant, qui se dégage de tous les traits
De son visage fin aux multiples attraits,
Dont les nombreuses taches de rousseur augmentent
Le piquant. Les yeux bruns sont petits où fermentent
Les effervescentes bulles d'un esprit vif,
Batailleur, ironique, impayable et subtil,
Qui ne pardonne, ni ne permet de réplique :
Avant de répondre on est tourné en bourrique,
Balayé, laminé, bel et bien savonné.
Un exercice auquel peu peuvent s'adonner
Est celui de jouer au plus fin avec elle :
Elle gagne toujours la revanche et la belle.
Mais cet esprit aussi sait apprécier le fin,
Le beau, elle sourit d'un sourire divin
Aux traits d'esprit ou peu pas banals
Que je dis sans souci de faire original.
Mais hélas cet esprit va parfois à rebours,
Lorsqu'il se pique de faire des calembours
Qui ne pourraient jamais, il faut le reconnaître,
Dans aucun journal humoristique paraître.
Mais ce qui la sauve, elle-même en convient,
C'est qu'elle goûte à leur juste valeur les miens.
Mais les autres journaux s'arrachent les rubriques
Les commentaires et les savantes critiques
Qu'elle écrit d'une plume énergique et luron
Pour la satisfaction de ceux qui les liront.
Car l'aimable personne en plus d'être humoriste
Je suis fier d'ajouter, est aussi journaliste,
Pleine d'un zèle actif, toujours en mouvement,
Partout on la remarque et, le crayon au vent,
Elle représente bien dans toute sa noblesse,
Avec courage et goût, le grand art de la presse.
Je me suis laissé prendre à cette discussion
Et n'ai rien dit encore de sa distinction
Sa fine silhouette d'extrême élégance
Et sa façon de se mouvoir avec aisance.
Chacun de ses gestes est un geste gracieux
Qui semble avoir eu la bénédiction des cieux.
Si ce que j'ai dit n'a pas eu l'heur de lui plaire
Hé bien tant pis. J'aurais mieux fait de me taire.
Pour finir, je souhaite à notre amitié
D'être toujours, partout, en actualité
Et d'avoir à la une et constamment sous presse
L'estime, le respect et beaucoup de tendresse.
Au revoir Papa, embrasse maman très fort pour nous - Pierre, Noël et Marc
La famille recevra les condoléances en présence des cendres et accueillera parents et amis le jeudi 6 septembre 2018 de 17h à 20h à La Maison Darche-Dignité, 7679 Boul. Taschereau, Brossard, QC, J4Y 1A2, 450-463-1900.
7 mai 2026 à 15:10